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  • Sophie Le Grand Bassin

La marque canal du Midi

Attirer davantage de monde : c’est l’objectif de nombreux partenaires autour de VNF qui lanceront cette marque le 8 juillet. De quoi relancer l’intérêt pour cet ouvrage, classé au patrimoine mondial de l’humanité, aux prises depuis 10 ans avec le chancre coloré qui décime ses platanes. Alors que le tourisme est malmené par la crise. Autre bonne nouvelle, le préfet de région vient de signer le plan de gestion de ce monument de la région.


Ah le Canal du Midi et ses sublimes voûtes obombrées… Cet ouvrage est le tout premier trait d’union entre les ex-régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées quand elles… n’existaient pas encore..Reliant Atlantique et Méditerranée, il est un atout majeur y compris pour le tourisme, malmené par la crise sanitaire.


Un géant de 240 kilomètres de berges, d’écluses parfois classées…


« C’est l’ingéniosité de Pierre-Paul Riquet au service d’un ouvrage démentiel » qui avait attiré les scientifiques du monde entier à l’époque de sa mise en eau. L’année 2021 est une année importante : le Canal a été inauguré le 15 mai 1681 et 340 plus tard, c’est dans le sillage de ses pères fondateurs que VNF, l’Etat, les quatre départements traversés et la région Occitanie créent une marque pour le valoriser. Elle sera officiellement lancée le 8 juillet. Trois siècles et demi après que Louis XIV eut décidé de s’en doter pour mieux équiper ce territoire.

« Le faire connaître au plus grand nombre »

Evelyne Sanchis

Une marque pour quoi faire ?« Nous avons plusieurs missions, dont celle bien sûr de préserver le canal, de le transmettre aux générations futures et aussi de le faire connaître au plus grand nombre, observe Evelyne Sanchis, chef du service patrimoine et culture à VNF.

Elle dit : « Qui sait que les eaux qui l’alimentent proviennent de la Montagne noire ? Qui sait également que le bassin Saint-Ferréol apprécié des Toulousains appartient au Canal du Midi ? Que les eaux du Canal circulent dans les deux sens, d’un côté vers Toulouse, de l’autre vers Sète ? C’est un ouvrage construit sous Louis XIV et toujours vivant… » Et de poursuivre : « C’est pour cela que dans le cadre de l’Entente créée en 2018, qui réunit plusieurs partenaires institutionnels – l’Etat, la Région Occitanie, les quatre départements traversés (Aude, Haute-Garonne, Hérault et Tarn), nous avons décidé de mieux le faire connaître et de créer une marque institutionnelle. »

« Amplifier la communication autour de l’ouvrage classé »


Les planètes connaissent un bel alignement. Le même constat a été effectué dans le cadre du Comité de Bien, une sorte de parlement du Canal du Midi, créé en 2016. De plus,« le plan de gestion vient d’être signé par le préfet. Parmi ses grandes orientations, là aussi, a été mis en évidence la volonté de création d’une identité commune pour amplifier la communication autour de l’ouvrage », précise observe Evelyne Sanchis. « Il y a aura évidemment des produits dérivés mais le produit de leur vente ira au financement de la restauration du Canal. Cela aura bien entendu un fort impact indirect sur le rayonnement et l’attractivité de l’ouvrage sur le tourisme et les socio-professionnels. »


Trois événements principaux cet été

Pour l’heure, le logo n’est pas encore trouvé. Ni le slogan de marque proprement dit. « Une agence de com y travaille. Nous nous servirons de cette marque pour faire beaucoup de communication. Il faut créer une charte signalétique ; installer des panneaux d’information sur le terrain, par exemple, qui seront davantage présents sur les différents sites. Il y aura aussi un site internet dédié. » Peut-on imaginer des campagnes de pub, via des spots TV, des encarts publicitaires ?

Evelyne Sanchis, chef du service patrimoine et culture à VNF, acquiesce. En ajoutant que « le 8 juillet sera le coup d’envoi. Nous avons déjà fixé trois événements principaux cet été », à base de conférences et spectacles : à Saint-Ferréol (un volet scientifique) le 23 juillet ; à Villeséquelande (Aude) le 7 août sur l’histoire, les paysages et les territoires et le 20 août aux Onglous, à Marseillan, sur le thème Nature authentique et préservée du canal.

Notoriété et image, atout pour les socio-professionnels


Pour l’Etat, cette initiative est importante. « Cette marque institutionnelle pour le canal du Midi est devenue une nécessité pour mieux faire connaître et valoriser les actions menées tout au long du linéaire dans les territoires traversés », dit-on du côté de la préfecture de région. « Le 9 octobre 2020, le comité de Bien a pu prendre connaissance de la démarche exploratoire menée préalablement à la création de la marque, et a confirmé son intérêt. Un sondage réalisé en octobre 2020 auprès des socioprofessionnels a montré que 81 % de ceux-ci estiment que la notoriété et l’image du canal sont un élément indispensable ou un atout pour leur activité. »


« Une ambition commune pour le Canal »

Interrogé, le préfet Cyrot, chargé du Canal du Midisouligne l’intérêt de la signature du plan de gestion par le préfet de région le 1e avril dernier. « Cela a été fait à partir d’un bilan pointant les points forts et les points faibles de cet ouvrage et fixant les enjeux pour les années à venir, c’est ce qui fait la valeur exceptionnelle du Canal du Midi reconnu pour cela par l’Unesco. C’est une sorte de feuille de route, d’ambition commune », explique-t-il à Dis-Leur.


Optimiser l’apport d’eau, aménager des paysages urbains…

Parmi les objectifs, le préfet Laurent Cyrot, directeur du projet Canal du Midi, souligne la nécessité, entre autres, « d’optimiser les apports d’eau au regard du réchauffement climatique ; s’occuper de l’aménagement des paysages urbains, certes des traversées de centres historiques mais pas seulement. » Et, enfin, de parfaire une identité unique, notamment au travers de cette marque institutionnelle qui concernera seize intercommunalités, 89 communes et quatre départements. De quoi aider à la promotion touristique.


« En 10 ans, 28 000 platanes sur les 42 000 touchés par le chancre ont été abattus et 15 000 ont été replantés »

Quant à la question des platanes décimés, elle n’entre pas dans le plan de gestion. « Toutes les parties prenantes considèrent que cette question est en cours de traitement. Que le Canal est en cours de « réparation ». En dix ans, quelque 28 000 platanes sur les 42 000 touchés par le chancre ont été abattus et 15 000 spécimens ont été replantés. Pour un coût de 200 M€. Fin 2020, l’Etat et VNF avait apporté 75 M€, soit 62,5 % de cette somme, le mécénat et les dons des particuliers 7 M€ et les collectivités et le conseil régional 5,2 M€. »

Le Canal du Midi franchit une nouvelle étape, 340 ans après la mort de son concepteur, Pierre-Paul Riquet, de sa première mise en navigation, mais aussi des 25 ans de son inscription au patrimoine mondial par l’Unesco.

Olivier SCHLAMA-disleur.fr

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